LE COL DU SAINT GOTHARD
LA NAISSANCE DE LA SUISSE

Après l'an 1000 la population de l'Europe a augmenté et les gens ont pu recommencer à voyager. Les pays sur les voies commerciales à travers les Alpes se sont beaucoup développés.
Parmi eux, les habitants de la vallée de la Reuss: vers 1250 ils ont voulu se libérer du seigneur féodal. Ils se sont battus contre les Habsbourg parce qu'ils n'ont plus voulu accepter d'être soumis.
En 1291 ils ont signé un pacte, où ils ont promis de s'entraider, pour pouvoir mieux garantir la paix interne: cette alliance à trois est considérée comme la naissance de la Confédération Suisse.













1. La légende du Pont du diable

Cíest líhistoire díun pont très difficile à construire, dans les Alpes (à travers le col du St.Gothard).
Une légende raconte que les habitants ont pu construire ce pont seulement grâce au diable (cíest à dire le symbole du mal), qui a voulu la première âme qui passe sur le pont.
Les habitants ont fait passer une chèvre: on lía eu, ce diable!













2. A pied dans les Alpes

Jusqu'au XIX siècle, les gens voyagent et traversent le Saint Gothard à pied ou à cheval et les marchandises à dos de mulet.

"La route de Milan à Lucerne & Berne, par le Mont Saint Gothard n'est praticable qu'à cheval; il est prudent même de ne l'entreprendre, qu'à la plus grande fonte des neiges. (...) Il faut près de six heures de marche, pour se rendre de Lugano, à Bellinzone. (...) De Bellinzone à Giurnico, le chemin continue de longer et de remonter le Tessin, à travers une assez belle vallée: on employera guères moins de cinq heures pour se rendre d'une à l'autre station. (...)
Il sera difficile de se rendre de Giurnico, à Airolo, en moins de six heures de marche, parce que l'on commence à s'élever avec assez de précipitation. (...) Dans ce dernier trajet on continue de remonter le Tessin, qui précipite ici sa course à travers mille ressauts de rochers avec la plus fugueuse & la plus bruyante agitation. Les Cararactes, les cascades que ces ressauts de rochers produisent, offrent des tableaux, on ne peut pas plus imposants, plus fiers, plus pittoresques: ce sont de magnifiques horreurs.
Airolo, est précisément situé au pied du Mont Saint Gothard. (...) Deux heures suffisent pour arriver d'Airolo au Couvent des Capucins, situé sur le plateau de la montagne. (...) Cette montée (il faut l'avouer) est souvent très-âpre, très-rude."
 

M. de la Roque, Capitaine d'Infanterie de France, 1778
"(..) j'avais fait un voyage horriblement beau; il est bon de l'avoir fait. (...) J'ai passé le Saint-Gothard avec quinze pieds de neige sur les sentiers par lesquels je l'ai traversé. (...) J'ai failli périr plusieurs fois, malgré onze guides. J'ai monté le Saint-Gothard à une heure du matin, par une lune sublime; j'y ai vu le lever du soleil dans les neiges. Il faut avoir vu cela dans sa vie. (...) J'ai eu les horreurs du pont du Diable (...) J'ai cru cette route économique de temps et d'argent et j'ai, au contraire, dépensé énormément de l'un et de l'autre. Mais j'en ai eu pour mon argent; c'est un superbe voyage."
Honoré de Balzac, écrivain français, 1837
"Le Saint-Gothard est triste. On y est moins frappé quíau Simplon, du combat de líart et de la nature. Ni aigles, ni ours, ni forêts, ni même de glaciers, du moins visibles. Rien qui attire líoeil, qui rappelle la vie. De grands monts décharnés... la mort. Mais de cette mort sort la vraie vie, les eaux abondantes qui fécondent líEurope. (...) Les roches verdâtres apparaissent, sous les neiges, comme sous un linceul déchiré. On voudrait plus de neiges; le linceul cacherait nieur le cadavre."
 
Jules Michelet,écrivain et historien français,1838
"La route, qui n'a guère que six mètre de largeur, est comblée tout le long, à droite, par une chute de neige de près de deux mètres de hauteur, qui, à chaque instant, allonge sur la route une barre d'un mètre de haut qu'il faut fendre sous une atroce tourmente de grésil.
On ne voit plus ses genoux de longtemps. C'est échauffant. Haletants, car en une demi-heure la tourmente peut nous ensevelir sans trop d'efforts, on s'encourage par des cris. (...) Mais la route se perd. De quel côté des poteaux est-ce ? - Il n'y a de poteaux que d'un côté. On dévie, on plonge jusqu'aux côtes, jusqu'au sous le bras...
Une ombre pâle derrière une tranchée: c'est l'hospice du Gothard, établissement civil et hospitalier, vilaine bâtisse de sapin et de pierres. Un clocheton. A la sonnette un jeune homme louche vous reçoit (...)."
Arthur Rimbaud, poète français, 1878
 3. 1830: la route carrossable et la diligence

"Then we went to Lugano, which I admired even more than I did Como. Then, to a little town called Biasca, which is at present, the last station on the St. Gothard Railway... Here we remained over night, much entertained by the quaintness and novelty of all we saw; especially by the English families there, preparing to go over the Alps by "private diligence". (...)
Early next morning we started in the coupé of the regular diligence, and up we went ! First we had four horses, then five, then six, and finally seven; (...)
The scenery on the St. Gotthard Road is wonderfully grand. I believe it is considered finer than that on any other. (...)
The last three hours of road before reaching the Hospice, was, to me, terrific. The road, a model of engineering, was perfectly smooth, but so winding and dizzy, going in long zigzags on the edge of the most frightful precipices, that I was completely tired out with watching it when we reached the bleak top."

Constance Fenimore Woolson, femme écrivain américaine, 1880

"He told me he was the physician of the place; that land in his Canton was too much divided to be of much use to anybody; that this kept everybody poor; that all their best young men were emigrating to the United Statesd, chiefly to California;
(...) This was during the half-hour while the carriage for Bellinzona, which he had ordered for me, was being got ready. At parting he expressed a hope that I might return the same way in order that we might continue our conversation (...)."

Foster Barham Zincke, voyageur anglais, 1873
 4. 1882: le chemin de fer avec le tunnel de 15 km

"Savoir qu'on va faire un trajet souterrain de 14'912 mètres est pour beaucoup de voyageurs un sujet de réflexions rien moins qu'agréables. Ma voisine, la jeune dame milanaise, avait de petits soubresauts nerveux qu'elle s'efforçait de cacher. Elle avait cependant déjà fait deux fois la traversée de la montagne, mais c'était plus fort qu'elle; elle éprouva, disait-elle, une émotion étrange, un malaise indéfinissable comme sur un navire chassé par la tempête."
 

Victor Tissot, journaliste suisse,1888
5. Le XX siècle: l'époque des voitures et des camions...

Depuis 1980 une autoroute avec un tunnel de 18 km traverse le Saint Gothard: des millions le voitures et des millions de tonnes de marchandises le traversent chaque année.

Vendredi 26 avril 1999, l'autoroute a été fermée à cause de la neige (1 mètre !) et des accidents: quelques centaines de personnes ont dû passer la nuit dans leurs véhicules. Le jour suivant, pas contents du tout, ils ont protesté pour ne pas avoir été suffisamment informés et aidés.

Traverser le Saint Gothard, même de nos jours, ce n'est jamais quelque chose de banal !
 

6. Quelques chiffres...


 


 


 


 
 




7. L'avenir: AlpTransit (2010-2012 ?)

On a décidé de construire AlpTransit, une nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse, avec un nouveau tunnel (de base) de 57 Km sous le St.Gothard pour le transport des marchandises qui roulent actuellement sur les camions sur les autoroutes: moins de circulation, moins de pollution, une meilleure qualité de vie dans notre Canton (le Tessin).


Document préparé par la 2èmeC de la Scuola media de Breganzona (Suisse), en collaboration avec les élèves des classes de 5ème de la Scuola Elementare de Breganzona et Muzzano.

Les témoignages historiques entre guillemets sont tous tirés de:
Con gli occhi degli altri, Ed. A.Dadò, Locarno, 1996
Breganzona, mai 1999
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